logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

28/01/2013

Le «rançongiciel», dernière arme fatale du crime organisé

- Des virus bloquent à distance les ordinateurs puis leurs propriétaires sont sommés de payer une «amende».

Redoutable, furtive et faisant des ravages sans laisser la moindre trace, cette dernière escroquerie du crime organisé reléguerait presque les hold-up et autres braquages au rayon sépia du banditisme. Dernier avatar de l'arnaque sur la planète Web, elle prend la forme de virus assez sophistiqués, concoctés par de mystérieux gangs retranchés dans les pays de l'Est pour prendre le contrôle des ordinateurs de centaines de particuliers et amasser des butins colossaux. Grâce à un mode opératoire ingénieux, baptisé «rançongiciel», néologisme façon 2.0 qui est en fait la traduction du «ransomware» anglais, les pirates se font passer pour des gendarmes de l'Internet afin d'extorquer de l'argent sous forme de pseudo-amendes.


D'abord, par le biais de «botnets», c'est-à-dire des robots informatiques, les hackers pénètrent à distance dans les ordinateurs. «La contamination s'effectue à l'insu du propriétaire par le biais des pièces jointes dans des courriers électroniques, de liens venant de réseaux sociaux, de sites piratés ou encore de publicités dont le contenu renvoie vers un site malveillant qui teste les vulnérabilités de votre ordinateur, explique le colonel Éric Freyssinet, chef de la division de lutte contre la cybercriminalité de la gendarmerie. Une fois la faille exploitée, le virus est installé.»

virus_00.jpg

Message martial

L'internaute perd soudain le contrôle de sa machine et voit s'afficher à l'écran un message martial, en général accompagné du logo tricolore de la gendarmerie nationale ou de la Direction centrale de la police judiciaire. «Attention!», prévient le texte en rouge, «votre ordinateur est bloqué en raison du délit de la loi en France» car «des infractions ont été détectées». Sans autre forme de procès, l'internaute se voit reprocher d'avoir surfé sur des adresses «pornographiques avec la participation de mineurs» ou d'avoir utilisé des «logiciels ou des fichiers multimédias en infraction avec les droits d'auteur». «Pour débloquer votre ordinateur, vous devez payer 200 € dans les 3 prochains jours, poursuivent les escrocs. Si vous ne payez pas dans les délais précisés, votre ordinateur sera confisqué et votre cas soumis au tribunal.»

Les amendes sont exigibles par virements électroniques ou par des bons de paiements Western Union ou Ukash pour que «l'ordinateur soit débloqué dans les 24 heures suivantes». «Évidemment, les écrans restent gelés une fois la rançon versée car les malfaiteurs se moquent d'effectuer le déverrouillage dès lors qu'ils ont empoché l'argent», note un enquêteur.

Un pactole en quelques clics

La supercherie, découverte aux États-Unis par le FBI avant de gangrener l'Europe, a provoqué un vent de panique à l'échelle planétaire. Selon nos informations, pas moins de 1284 plaintes ont déjà été enregistrées depuis novembre 2011 par la gendarmerie en France. «Ce n'est que la partie émergée de l'iceberg, car au moins dix fois plus d'internautes ont été infectés par le virus», précise le colonel Freyssinet. «Si une partie d'entre eux ont eu la bonne idée de ne pas verser la rançon, d'autres ayant fréquenté des sites illégaux préfèrent ne pas se vanter de leur mésaventure et tentent de régler le problème en bidouillant leur ordinateur avec les moyens du bord», renchérit-on à la Direction générale de la gendarmerie nationale.

Face au fléau qui augmenterait de 300% par an, la maréchaussée est sur les dents. Pas moins d'un millier de cybergendarmes «N'tech», épaulés par une soixantaine d'ingénieurs de haute volée dépendant du pôle judiciaire, ont été sensibilisés. «Ce type de criminalité nouvelle est l'avenir du banditisme, assure un enquêteur. Pourquoi ces voyous prendraient-ils le risque de monter un vol à main armée, de tuer quelqu'un et de finir aux assises lorsqu'ils peuvent encaisser un pactole en quelques clics?» Au dernier stade des investigations, les fonds détournés seraient notamment blanchis dans des casinos en ligne avant d'être encaissés sur des comptes russes et ukrainiens. Pour enrichir des parrains mafieux venus du froid, voire financer des groupes terroristes.

Les commentaires sont fermés.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique